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Quand les nuits changent : comprendre le rôle de la progestérone

Par Claudia Therrien

Des nuits plus courtes, un sommeil moins réparateur, une difficulté à retrouver le calme : les changements hormonaux méritent leur place dans l’explication, même avant la ménopause.

Des changements possibles dès la trentaine

La progestérone est principalement produite après l’ovulation. Sa production peut diminuer progressivement dès la trentaine, avant que les règles deviennent nettement irrégulières. Une étude ayant suivi 156 femmes pendant cinq ans a observé une diminution d’un marqueur de la progestérone dès la trentaine, avec des différences importantes entre les femmes.

Une étude plus importante, issue de la cohorte SWAN, a suivi 848 femmes âgées de 43 à 53 ans au départ, pendant trois ans. Les chercheurs ont observé une diminution de l’excrétion d’un marqueur urinaire de la progestérone et des ovulations moins fréquentes au cours de la transition ménopausique.

Dès 35 ans, il est donc pertinent de s’intéresser à sa santé hormonale lorsque les nuits changent. Cet âge constitue un repère pour s’informer, plutôt qu’un seuil identique pour toutes.

Comment la progestérone agit-elle sur le sommeil ?

La progestérone agit aussi dans le cerveau. L’un de ses produits de transformation, l’alloprégnanolone, renforce l’action des récepteurs GABA-A. Ces récepteurs participent au freinage de l’activité nerveuse et favorisent l’apaisement.

Ce mécanisme explique l’intérêt porté à la progestérone dans les recherches sur le sommeil. Les changements de sa production constituent une piste hormonale à considérer lorsque les nuits deviennent difficiles.

La progestérone micronisée : une hormone bioidentique étudiée pour le sommeil

La progestérone micronisée possède la même structure moléculaire que la progestérone produite par le corps. Son intérêt pour le sommeil repose sur plusieurs essais cliniques. Une synthèse publiée en 2021 a réuni neuf essais randomisés, soit 388 participants, principalement des femmes ménopausées. L’analyse des mesures du sommeil montre un endormissement plus rapide avec la progestérone micronisée. La plupart des essais rapportent aussi une amélioration du sommeil ressenti.


Des études plus importantes ont évalué l’association de deux hormones bioidentiques. Dans REPLENISH, 1 845 femmes ménopausées ont été réparties au hasard entre plusieurs groupes. L’association orale d’estradiol 17β et de progestérone a amélioré les scores de sommeil par rapport au placebo à six et douze mois. Ces résultats concernent les deux hormones prises ensemble.


L’étude KEEPS apporte des données sur l’estradiol transdermique associé à la progestérone micronisée orale. L’analyse du sommeil portait sur 653 femmes : 201 recevaient cette association, 209 recevaient des œstrogènes équins par voie orale avec de la progestérone micronisée, et 243 recevaient un placebo. Les femmes du groupe estradiol transdermique et progestérone micronisée ont rapporté une meilleure qualité de sommeil que celles du groupe placebo.


En périménopause aussi, des résultats encourageants existent. Dans l’essai canadien de 2023 auprès de 189 femmes, âgées en moyenne de 50 ans, celles qui recevaient de la progestérone micronisée orale ont rapporté une meilleure qualité de sommeil que celles qui recevaient le placebo. Cette étude complète les travaux réalisés chez les femmes déjà ménopausées. Ces résultats donnent une place concrète à la progestérone micronisée dans la discussion sur le sommeil, y compris avant l’arrêt des règles.

Les hormones bioidentiques ont donc leur place dans la discussion sur le soulagement des symptômes. Pour le sommeil, il est particulièrement utile de nommer précisément la progestérone micronisée et d’expliquer son action.

Sources

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